Les collections permanentes au Musée de Cluny
Musée de Cluny
Quelque 1 600 œuvres entre thermes romains et demeure gothique

Musée de Cluny
Du mardi au dimanche
L’EXPOSITION
Le Musée de Cluny présente ses collections permanentes au 28 rue Du Sommerard, dans le Quartier latin à Paris, du mardi au dimanche toute l’année. Le parcours expose quelque 1 600 œuvres, dont des têtes coupées aux statues de rois de Notre-Dame pendant la Révolution, puis retrouvées par hasard en 1977 et données à l’État pour le musée.
Ce parcours chronologique traverse des thermes gallo-romains et la demeure parisienne des abbés de Cluny ; parmi ses œuvres figure La Dame à la licorne, un ensemble de six tapisseries tissées vers 1500.Les lieux : des bains romains à la demeure d’un abbé
Frigidarium antique et logis gothique des abbésLa visite commence dans le frigidarium, la salle froide de thermes bâtis à l’époque où Paris s’appelait Lutèce. Sa voûte s’élève à environ quatorze mètres, et une partie de son sol date de l’Antiquité. Dans les angles, des supports de pierre sculptés de navires subsistent de son décor. La plupart des historiens placent la construction de ces bains publics à la charnière des Ier et IIe siècles. Dans cette salle se dresse le Pilier des Nautes, retrouvé en 1711 sous la cathédrale Notre-Dame. Les bateliers de la Seine l’avaient élevé en l’honneur de Jupiter sous l’empereur Tibère. Ses blocs sculptés montrent côte à côte des dieux romains et des dieux gaulois, chacun désigné par son nom gravé.
environ, hauteur de la voûte du frigidarium
Pilier des Nautes, pierre de Jupiter, entre 14 et 37, pierre sculptée, 109 × 79 × 79 cm © GrandPalaisRmn / Jean-Gilles Berizzi
Jacques d’Amboise, abbé de l’ordre de Cluny en Bourgogne, fait bâtir à la fin du XVe siècle sa demeure parisienne contre ces thermes. Ses armoiries, ornées de coquilles, se voient encore sur les lucarnes et la tour d’escalier. Ce logis entre cour et jardin compte parmi les rares maisons de ville médiévales encore debout à Paris. Il doit pourtant une part de son aspect au XIXe siècle, quand l’architecte Albert Lenoir restaure ses façades et y ajoute des fenêtres. Ses gargouilles elles-mêmes ne datent que de cette époque.
Recevez en avant-première l'actualité sur les nouvelles expositions
Notre-Dame et la Sainte-Chapelle : des pièces de monuments parisiens
Sculptures et vitraux venus des monuments parisiensDans les années 1830, le collectionneur Alexandre Du Sommerard installe ses objets d’art ancien dans la demeure des abbés. À partir de 1838, la Ville de Paris entrepose dans le frigidarium des sculptures d’édifices parisiens détruits ou transformés. En 1843, l’État achète la demeure et la collection ; le musée ouvre l’année suivante devant 12 000 visiteurs. Rattaché à la Commission des monuments historiques, il reçoit ensuite des éléments retirés de monuments parisiens. Certains vitraux de la Sainte-Chapelle y entrent ainsi à cause de leur fragilité. Le parcours présente aussi des apôtres sculptés pour les piliers de cette chapelle ; six des douze figurent dans les collections.
têtes des rois de Juda de Notre-Dame conservées par le musée
Sur la façade de Notre-Dame, les statues de la galerie des rois figuraient des souverains de Juda, ancêtres de la Vierge. Les révolutionnaires les prennent pour des rois de France et les abattent. Leurs têtes réapparaissent lors d’un chantier, dans la cour d’une résidence du 9e arrondissement. Le musée indique en conserver vingt et une. Dans la salle consacrée aux sculptures de Notre-Dame, ces visages gardent des traces de leur peinture d’origine. La même salle présente Adam, une statue haute de deux mètres sculptée vers le milieu du XIIIe siècle pour le décor intérieur de la cathédrale. Sa main droite, restaurée au XIXe siècle, se lève aujourd’hui pour bénir, alors qu’elle tenait sans doute un fruit à l’origine.
Attribué à Pierre de Montreuil, Adam, vers 1260, calcaire avec traces de polychromie, 200 × 73 × 41 cm © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Un nu gothique à l’antique
Cet Adam nu se tient en contrapposto, le poids porté sur une jambe, l’autre légèrement fléchie, la main gauche ramenant des feuilles de figuier devant lui. Sculpté vers 1260, peut-être par Pierre de Montreuil, du moins sous sa direction, il ornait le revers de la façade du bras sud du transept de Notre-Dame, avec une Ève aujourd’hui disparue. Sa pose semble reprendre le type antique de la Vénus pudique, à une époque où le nu, sans être exceptionnel, reste rare. Brisés lors de déplacements au XIXe siècle, son bras droit et ses jambes ont été refaits, avant une nouvelle restauration à la fin des années 1970 ; de sa polychromie ne subsistent que quelques traces, notamment sur la feuille.
La Dame à la licorne : six tapisseries et une inscription
Cinq sens et une devise énigmatiqueLe premier étage réunit des salles sur les arts du combat et la vie quotidienne, puis une salle entière consacrée aux six pièces de La Dame à la licorne. Ces tapisseries portent les armoiries des Le Viste, une famille d’origine lyonnaise. Les modèles en ont été dessinés à Paris. Une dame y apparaît avec un lion et une licorne, sur un fond de millefleurs : un semis de petites plantes où vivent des animaux. Cinq pièces illustrent chacune un sens : la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher. La sixième, Mon seul désir, doit son titre à l’inscription qu’elle porte ; le sens de cette devise fait toujours débat. Pour que leur poids ne les déforme pas, les tapisseries reposent sur des supports inclinés.
Au XIXe siècle, elles se dégradent au château de Boussac, dans la Creuse. L’écrivain Prosper Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques, les y voit en 1841 lors d’une visite avec la romancière George Sand. Sand les décrit ensuite dans ses écrits et contribue à les faire connaître. Le musée les achète en 1882, sous la direction d’Edmond Du Sommerard, fils du collectionneur.
D’après Jean d’Ypres, La Dame à la licorne, La Vue, vers 1500, tapisserie, 312 × 330 cm © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
POURQUOI VISITER LE MUSÉE DE CLUNY ?
Le musée de Cluny fait voir une salle de bains romaine encore debout, la demeure d’un abbé du XVe siècle et des pièces venues de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle. Pour une première venue, le musée propose des parcours d’environ une heure, dont deux conçus pour les familles autour des chevaliers et des animaux. Depuis la réouverture de mai 2022, des ascenseurs et des rampes rendent le parcours accessible en fauteuil.
D’après Jean d’Ypres, La Dame à la licorne, Mon seul désir, vers 1500, tapisserie, 377 × 473 cm © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
« Mon seul désir », une énigme tissée
Devant une tente bleue dont le bandeau porte l’inscription « mon seul désir », encadrée des initiales A et I, la Dame, debout, tient un collier au-dessus du coffret ouvert que lui tend une demoiselle. Le lion et la licorne, porteurs des bannières aux armes des Le Viste, tiennent ouverts les pans de la tente. Prend-elle le bijou ou le remet-elle ? La devise pourrait désigner le libre arbitre, le cœur, guide des autres sens, ou relever de l’amour profane.
Le Studio Adrien Gardère signe la scénographie du parcours rénové, avec l’architecte Bernard Desmoulin pour sa refonte. Dans le cadre du plan Vigipirate, le musée prévient que « les valises, sacs de voyages, sacs à dos de type randonnée ne sont pas acceptés ». Jusqu’au 24 janvier 2027, l’exposition « Nicolas Flamel, alchimiste de papier » s’organise autour de la pierre tombale de cet écrivain public, conservée au musée depuis sa création, pour raconter comment la légende en a fait un alchimiste.
Scénographie
- Studio Adrien Gardère (muséographie, scénographie et design)Bernard Desmoulin (architecte, refonte du parcours avec le Studio Adrien Gardère)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
Partagez votre visite sur Instagram
Immortalisez votre expérience et inspirez votre communauté en partageant vos plus belles photos
QUESTIONS FRÉQUENTES
Quels sont les jours et horaires d’ouverture du Musée de Cluny ?
Les collections permanentes se visitent toute l’année, du mardi au dimanche de 9h30 à 18h15, avec une fermeture de la billetterie à 17h30. Le musée est fermé le lundi ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre, et ferme à 17h les 24 et 31 décembre.
Où réserver ses billets pour le Musée de Cluny ?
Le billet pour le Musée de Cluny se réserve en ligne auprès de la Fnac, au plein tarif de 13,50 € hors frais de transaction éventuels, avec un tarif réduit Famille à 11,50 €. La réservation est conseillée mais pas obligatoire, et l’entrée est gratuite pour tous le premier dimanche du mois, sans réservation.
Combien de temps dure la visite du Musée de Cluny ?
Comptez environ une heure pour l’un des parcours de découverte proposés par le musée, dont deux sont pensés pour les familles autour des chevaliers et des animaux. Le parcours chronologique complet réunit quelque 1 600 œuvres.
Comment se rendre au Musée de Cluny ?
L’entrée se trouve au 28 rue Du Sommerard, 75005 Paris. La ligne 10 du métro dessert la station « Cluny – La Sorbonne », les lignes 4 et 10 la station « Odéon » et la ligne 4 la station « Saint-Michel – Notre-Dame », également desservie par les RER B et C. Les bus 21, 27, 38, 47, 63, 86 et 87 passent à proximité.
Le Musée de Cluny est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Oui : depuis la réouverture de mai 2022, ascenseurs et rampes permettent de suivre le parcours en fauteuil roulant. Le site du musée consacre une page aux dispositifs prévus pour les visiteurs en situation de handicap moteur, en visite individuelle comme en groupe.
Y a-t-il des nocturnes au Musée de Cluny ?
Oui, les 1er et 3e jeudis du mois, de 18h15 à 21h, avec une fermeture de la caisse à 20h30. Ces jeudis-là, le tarif réduit s’applique à tous les visiteurs.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 9h30 - 18h15
- Fermeture de la billetterie : 17h30
- Nocturnes les 1er et 3e jeudis du mois : 18h15 - 21h (caisse fermée à 20h30)
- Fermé le lundi, les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre
- Fermeture à 17h les 24 et 31 décembre
