Les collections permanentes au Musée de la musique
Collection permanente du Musée de la musique
Plus de quatre siècles d’instruments venus des cinq continents

Musée de la musique
Du mardi au dimanche
L’EXPOSITION
La collection permanente du Musée de la musique est une exposition présentée à la Cité de la musique attenant à la Philharmonie de Paris, ouverte du mardi au dimanche. Le musée conserve près de 9 000 œuvres d’art et instruments ; depuis mai 2025, ceux d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, longtemps exposés à part, sont mêlés à ceux d’Europe tout au long du parcours.
Le parcours suit l’histoire de la musique depuis la fin du XVIe siècle jusqu’aux machines électroniques ; l’oud arabe y voisine avec le luth européen, qui en descend.Également au Musée de la musique
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POLYPHONIE ET CARREFOURS : LES NOUVEAUTÉS DE 2025
Une grande vitrine, puis des vitrines carrefoursLe parcours commence par « Polyphonie », une grande vitrine d’une soixantaine d’objets venus d’époques et de pays très divers. Instruments, tableaux, sculptures et outils de luthier y sont regroupés autour d’une dizaine de thèmes, des formes animales aux portraits d’artistes. La vitrine présente l’instrument comme bien plus qu’un outil de musicien : un signe d’appartenance à un groupe, une trace de rencontres entre sociétés. Une application du visioguide la reproduit à l’écran et permet d’afficher ensemble les objets d’un même thème. La scénographie du nouveau parcours est signée Projectiles, l’agence qui réunit les architectes Reza Azard, Daniel Mészaros et Hervé Bouttet.
objets environ réunis dans la vitrine « Polyphonie »
Anonyme, Olifant, Afrique centrale, XVIe siècle, ivoire, cuivre, 31 × 141 cm © Claude Germain
Dans la partie chronologique, une dizaine de vitrines « carrefours » mêlent ensuite instruments européens et instruments d’autres continents. La double vitrine du violon suit cet instrument né en Italie au XVIe siècle puis adopté sur tous les continents ; elle montre aussi plusieurs violons du musée signés Antonio Stradivari. Parmi les collections, un orgue à bouche sheng, instrument chinois à tuyaux, a lui aussi changé de continent : l’institution l’identifie comme l’un des instruments que le jésuite Joseph-Marie Amiot expédia de Pékin en 1776 au ministre Henri Bertin.
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COURS, SALONS, ORCHESTRES : LA PARTIE CHRONOLOGIQUE
Des cours royales à la guitare électriqueLa partie chronologique s’ouvre sur la musique des cours, de Mantoue à Versailles, de l’Empire ottoman à l’Inde du Nord. Une maquette du palais de Mantoue renvoie à la première représentation de L’Orfeo de Claudio Monteverdi, en 1607. Écaille, nacre, ébène ou ivoire ornent alors aussi bien les violes et les guitares d’Europe que les instruments des empereurs moghols de l’Inde. L’ivoire venait d’Afrique de l’Ouest, l’écaille de tortues de mer capturées en mer Rouge ou autour des îles de l’océan Indien. Au XVIIIe siècle, la musique gagne aussi les salons de la noblesse et de la bourgeoisie : le clavecin et la harpe y précèdent le piano-forte, ancêtre du piano moderne.
hauteur approchée de l’octobasse de Jean-Baptiste Vuillaume
Au XIXe siècle, l’orchestre symphonique prend son essor. La section « L’Empire de la musique » rattache l’apparition du saxophone, du tuba wagnérien ou de l’octobasse aux besoins croissants de puissance et de timbres des orchestres, notamment ceux de Berlioz et de Wagner. L’octobasse du musée, œuvre du luthier Jean-Baptiste Vuillaume, est une contrebasse géante haute de près de trois mètres cinquante et montée de trois cordes seulement. Au XXe siècle, l’électricité fait naître d’autres instruments : ceux qu’inventent Léon Theremin et Maurice Martenot, puis la guitare électrique, à laquelle une galerie est consacrée.
Abdoh George Nahhât, Luth "ud", Damas, 1931, noyer, citronnier, épicéa, palissandre des Indes, os de chameau, 80,5 × 29 × 20 cm © Charles d’Hérouville
Focus sur le ‘ud de Nahhât
Abdoh George Nahhât a fabriqué ce ‘ud à Damas en 1931. Le facteur appartient à une dynastie de luthiers damascènes dont les instruments font aujourd’hui référence. La caisse assemble dix-sept côtes de noyer, et la table porte trois rosaces rapportées. Instrument majeur de la musique arabe, le ‘ud a été introduit en Espagne par les Maures au IXe siècle. D’après le musée, aucun ‘ud antérieur au XIXe siècle n’est conservé dans le monde.
DES MUSIQUES ET DES MONDES : DES INSTRUMENTS QUI ONT VOYAGÉ
Banza, banjo, kora : des histoires de circulationLe parcours se termine dans l’espace « Des musiques et des mondes », organisé en histoires plutôt que strictement par régions. Ces histoires suivent par exemple la guitare hawaïenne, les griots d’Afrique de l’Ouest ou le banjo. Au XVIIe siècle, dans les Caraïbes, des musiciens réduits en esclavage fabriquent ce dernier en se souvenant de certains luths africains ; il sera plus tard associé à la naissance du jazz, puis au bluegrass et à la country. Le musée conserve un banza d’Haïti antérieur à 1841, l’un des rares luths à caisse en gourde de ce type à subsister. Victor Schœlcher, qui rédigea en 1848 le décret abolissant l’esclavage dans les colonies françaises, a écrit sur sa peau qu’il s’agissait d’une « imitation d’un instrument africain ».
Une kora des collections est elle aussi liée à Schœlcher, qui l’avait acquise à la veille de l’abolition. Antérieure à 1847, cette harpe d’Afrique de l’Ouest à grande caisse en calebasse compte parmi les plus anciennes conservées. Alexandre Girard-Muscagorry, chargé de la conception et de la coordination scientifiques du nouveau parcours, a écrit un livre sur cet instrument. Chaque nouvelle étiquette consacre désormais un paragraphe à la provenance de l’objet, c’est-à-dire au chemin qui l’a mené jusqu’au musée. Une quarantaine de textes de visite racontent aussi l’histoire du musée lui-même et la constitution de ses collections.
Ce banza constitue probablement le plus ancien témoignage connu des origines du banjo : sa cheville déportée sur le manche deviendra un trait caractéristique du banjo américain à cinq cordes.
Anonyme, Luth banza, Haïti, avant 1841, bois, gourde, peau, 88 × 19 × 17,5 cm © Claude Germain
PROVENANCE : LE CHEMIN D’UNE KORA
De la collection Schœlcher au Musée de l’HommeAvant d’être présentée dans l’espace « Des musiques et des mondes », cette harpe à chevalet de Sénégambie a connu plusieurs lieux de conservation. Elle appartient à l’ancienne collection de Victor Schœlcher, qui donna une cinquantaine d’instruments au Conservatoire en 1872, 1874 et 1889, et elle a été déposée au Musée de l’Homme de 1933 à 2004.
L’instrument ressemble en tous points aux koras encore jouées dans la région : un manche cylindrique traverse une caisse en calebasse couverte de peau, et des anneaux de fibre végétale y retiennent les cordes en boyau. La kora est l’instrument des griots mandingues, musiciens autrefois attachés aux familles régnantes.
Anonyme, Harpe à chevalet kora, Sénégambie, avant 1847, bois, calebasse, peau, tissu, fibre végétale, 105 × 47 cm © Claude Germain
POURQUOI VISITER LE MUSÉE DE LA MUSIQUE ?
Les instruments du musée s’écoutent aussi : chaque jour, un musicien y joue, souvent sur une pièce de la collection ou sur sa copie. Le visioguide, prêté gratuitement ou consultable sur smartphone, propose notamment un parcours destiné aux enfants dès 7 ans et un parcours des « Trésors du musée » d’une heure trente. Six instruments à toucher, pensés pour les visiteurs en situation de handicap comme pour les familles, jalonnent la collection.
Sammy Baloji, Johari – Brass Band, 2020, cuivre, laiton et acier, dépôt du Centre national des arts plastiques, Paris © Charles d’Hérouville
Le studio du compositeur Pierre Henry, qui travaillait avec des bruits enregistrés, y est reconstitué et ouvert du mercredi au dimanche. Jusqu’au 25 avril 2027, l’exposition « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » glisse aussi des objets et des œuvres du photographe parmi les instruments. Du 3 mars au 29 août 2027, l’installation « Ben Harper, Le son weissenborn » y racontera la passion du musicien américain pour les instruments sortis de la manufacture Weissenborn.
Scénographie et conception
- Scénographie
- Projectiles (Reza Azard, Hervé Bouttet, Daniel Mészaros)
- Conception et coordination scientifique du projet
- Alexandre Girard-Muscagorry
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quels sont les jours et horaires du Musée de la musique ?
La collection se visite du mardi au dimanche : de 12h à 18h du mardi au vendredi, de 10h à 18h le samedi et le dimanche. Le musée ferme le lundi, ainsi que le 25 décembre 2026, le 1er janvier et le 1er mai 2027.
Où réserver ses billets pour le Musée de la musique ?
Le billet pour le Musée de la musique est en vente sur Fnac au tarif normal de 12 €, ou de 10 € pour les adhérents Fnac et les groupes à partir de 10 personnes, hors frais de transaction éventuels ; chaque billet correspond à une séance datée. Sur justificatif, le musée accorde la gratuité aux moins de 26 ans ainsi qu’aux personnes en situation de handicap et à leur accompagnateur.
Combien de temps dure la visite du Musée de la musique ?
Le musée ne publie pas de durée de visite type. Le visioguide gratuit offre un repère : son parcours des « Trésors du musée » dure une heure trente, et un autre parcours s’adresse aux enfants à partir de 7 ans.
Comment se rendre au Musée de la musique ?
Le musée occupe la Cité de la musique, au 221 avenue Jean-Jaurès (Paris 19e), un bâtiment attenant à la Philharmonie mais distinct d’elle. Descendez à Porte de Pantin : métro ligne 5, tramway T3b ou bus 75 et 151. Depuis le RER E, la gare de Pantin est reliée au site par le bus 151.
Le Musée de la musique est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Oui, le musée accueille les visiteurs en situation de handicap, entrée gratuite pour eux et leur accompagnateur. Le visioguide existe en langue des signes française, et un parcours multisensoriel propose des instruments à toucher. Le parking Cité de la musique – La Villette compte 10 places réservées, le parking Philharmonie 15.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au vendredi : 12h - 18h
- Samedi et dimanche : 10h - 18h
- Fermé le lundi
- Fermetures exceptionnelles : 25 décembre 2026, 1er janvier et 1er mai 2027
