Girls au Grand Palais
Girls. Adolescence, Mode, Rébellion
Vêtements, films et photographies sur l’adolescence des filles

Grand Palais
L’EXPOSITION
« Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » est une exposition présentée dans les Galeries 8 du Grand Palais du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027 ; elle porte sur la façon dont l’art, la mode et le cinéma représentent les adolescentes. Préparée au fil d’échanges avec des adolescentes et des adolescents, elle mêle extraits de films, vêtements, œuvres d’art et photographies pour inviter à voir dans la jeune fille autre chose qu’une image d’innocence.
Autour de l’ennui, des vêtements qui contraignent ou libèrent et de l’image des filles dans les magazines, le parcours réunit l’artiste Louise Bourgeois, la cinéaste Sofia Coppola et des créateurs de mode comme Martin Margiela ou Simone Rocha.D’Anvers au Grand Palais : une exposition conçue par un musée de la mode
Du MoMu d’Anvers aux Galeries 8Le MoMu, musée de la mode d’Anvers, a conçu le projet et l’a présenté jusqu’en février 2026. L’exposition est ensuite adaptée au contexte parisien et aux Galeries 8 du Grand Palais. La commissaire, Elisa De Wyngaert, est une historienne de la mode et de l’art qui travaille au MoMu. En 2023, elle y avait déjà assuré le commissariat de « ECHO. Wrapped in Memory ». Cette exposition sur le lien entre les vêtements et les souvenirs était construite autour de trois créatrices, dont Louise Bourgeois et Simone Rocha. Toutes deux figurent aussi dans « Girls ».
Alice Neel, Paolina Weber, 1976, huile sur toile, 117,2 × 76,8 cm Hugard & Vanoverschelde / Courtesy the Estate of Alice Neel and Xavier Hufkens, Brussels
À Anvers, l’exposition s’intitulait « GIRLS. On Boredom, Rebellion and Being In-Between », un titre anglais qui parlait d’ennui, de rébellion et d’entre-deux. À Paris, le titre devient « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » : l’ennui n’y figure plus et la mode y apparaît. Janina Pedan, qui avait conçu la scénographie d’Anvers, signe celle du Grand Palais avec l’Agence Scenografia, dont l’équipe compte Nicolas Groult, Valentina Dodi et Lucie Le Goff.
Avant Paris, l’exposition a été présentée au MoMu d’Anvers du 27 septembre 2025 au 1er février 2026.
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Les vêtements : la mode des filles, hier et aujourd’hui
Du vestiaire d’hier à la mode d’aujourd’huiLa section « Habiller “la fille” » retrace l’histoire de la mode des enfants et des adolescentes en Occident. Elle avance qu’à partir du XIXᵉ siècle les enfants portent des habits plus pratiques, mais que chez les filles le vêtement reste longtemps décoratif et contraignant. Elle voit dans les tenues des filles, y compris au cinéma, un langage capable de conforter les idées en place sur l’enfance au féminin comme de les ébranler. Côté cinéma, l’exposition compte parmi ses artistes Sofia Coppola et la costumière Nancy Steiner. Celle-ci a signé les costumes de Virgin Suicides, le premier long métrage de la cinéaste. Le film suit cinq sœurs adolescentes dans l’Amérique des années 1970.
La section « Code fille » est tournée vers la mode d’aujourd’hui. Elle avance que des créatrices et des créateurs détournent les formes, les matières et les accessoires associés aux filles, en puisant dans leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence. Elle y voit une façon d’imaginer un « regard de jeune fille » valable pour chacun, quel que soit son âge ou son genre. Parmi les créateurs de mode de l’exposition figurent le Belge Martin Margiela, l’Irlandaise Simone Rocha et Jenny Fax, la marque tokyoïte de la créatrice taïwanaise Shueh Jen-Fang. Cette marque dit transformer des souvenirs fragiles en vêtements pour femmes adultes.
Micaiah Carter, Adeline in Barrettes, 2018 © Micaiah Carter / International Art Advisory LLC, New York
Des barrettes d’enfance
Le modèle est photographié de dos : l’image ne montre que sa nuque et l’arrière de sa tête, coiffée de tresses. Plus d’une vingtaine de barrettes aux couleurs vives y sont accrochées, en forme de nœuds, de papillons ou de chevaux, devant un tissu rose pâle à petits motifs. La personne photographiée est la musicienne Adeline, et l’image a été réalisée en 2018 pour Vogue. Ces barrettes sont associées aux coiffures d’enfance de nombreuses femmes noires américaines, ce qui donne au portrait sa charge nostalgique. Sans montrer de visage, la photographie fait de cet accessoire d’enfant le cœur de l’image.
Uniformes, ennui, magazines : l’image des filles et leur vie intérieure
Archétypes, ennui et images publiéesUniformes, minijupes, rubans, ballerines : la section « Archétypes » porte sur ces symboles qui reviennent souvent dans la mode et dans l’art. Elle les place entre innocence et subversion. Elle ajoute qu’ils sont aujourd’hui repris pour contester les normes de genre traditionnelles. La section « L’ennui » est consacrée, elle, à ces heures où rien ne semble se passer. Elle avance que cette inaction n’est qu’apparente. Dans cette lecture, l’envie de changer, la rêverie et l’attente accompagnent le passage à l’âge adulte.
La section « Les filles publiées » traite des images et des récits que diffusent les livres, les magazines, les plateformes numériques et les zines, ces petites revues faites par des amateurs. Elle défend l’idée que les filles ont peu à peu pris en main leur propre image. Elle présente les Girlhood Studies, un champ de recherche universitaire consacré aux filles, comme une approche plus inclusive, attentive à la façon dont les discriminations se croisent. Parmi les photographes de l’exposition figure l’Américaine Lauren Greenfield, qui a consacré un travail photographique aux filles et aux jeunes femmes de son pays.
POURQUOI VOIR « GIRLS » AU GRAND PALAIS ?
L’exposition s’attarde sur un âge que chacun a traversé : l’adolescence, ici celle des filles, avec leurs vêtements, leur ennui et leurs révoltes. Le sujet ne s’arrête pas à cet âge : la section « L’“être fille” rémanent » s’intéresse à ce qu’il en reste chez les adultes. Si le titre parle des filles, l’exposition annonce une démarche ouverte à toutes les identités de genre.
Jim Britt, SISTERS, 1976 © Jim Britt
D’une photo de famille à la mode
En 1976, chez lui à Los Angeles, Jim Britt photographie ses deux filles, Jody et Melendy. En noir et blanc, le cadrage serré rapproche les deux visages tournés l’un vers l’autre, appareils dentaires bien visibles. Rien n’y est posé. Douze ans plus tard, Comme des Garçons choisit cette photographie de famille pour la campagne de sa collection automne-hiver 1988, une campagne aujourd’hui souvent qualifiée d’iconique.
Une programmation culturelle accompagne l’exposition. Du 16 décembre 2026 au 21 mars 2027, le Grand Palais présente aussi « Mika Ninagawa with EiM. Alive with Shadows », une exposition de la photographe japonaise et de son collectif. L’image qui annonce « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » à Paris l’annonçait déjà à Anvers. Sur cette photographie de Jim Britt intitulée SISTERS et datée de 1976, deux jeunes filles se tirent la langue en riant.
Commissariat, scénographie, conception et production
- Commissariat
- Elisa De Wyngaert (historienne de l’art et de la mode, curatrice au MoMu – Musée de la Mode d’Anvers)
- Scénographie
- Janina Pedan et Agence Scenografia (Nicolas Groult, Valentina Dodi, Lucie Le Goff)
- Conception
- MoMu – Musée de la Mode d’Anvers
- Organisation
- MoMu – Musée de la Mode d’Anversexposition adaptée pour le GrandPalaisRmn
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » au Grand Palais ?
L’exposition se tient du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027, dans les Galeries 8 du Grand Palais. Elle ouvre du mardi au dimanche, de 10h à 19h30, et la dernière entrée a lieu 45 minutes avant la fermeture.
Où réserver ses billets pour « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » au Grand Palais ?
Le billet au Grand Palais pour cette exposition se réserve en ligne sur Fnac, à 16,50 € en plein tarif et 13,50 € en tarif réduit, hors frais de transaction éventuels. Des billets gratuits y sont aussi proposés, avec contrôle à l’entrée. La réservation d’un créneau est conseillée pour garantir son accès, y compris avec un billet gratuit.
Comment se rendre au Grand Palais pour « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » ?
L’entrée principale se trouve square Jean Perrin, au 17 avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris. En métro, descendez à Franklin D. Roosevelt (lignes 1 et 9) ou à Champs-Élysées – Clemenceau (lignes 1 et 13). Le RER C dessert la station Invalides, et les lignes de bus 28, 42, 52, 63, 72, 73, 80, 83 et 93 desservent aussi le site.
Le Grand Palais est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » ?
Oui, l’exposition est accessible aux personnes à mobilité réduite. L’entrée du square Jean Perrin est de plain-pied et équipée de deux ascenseurs, et des fauteuils roulants comme des cannes-sièges sont en libre accès. Une dépose-minute réservée se trouve avenue du Général-Eisenhower, et des places de stationnement adaptées cours la Reine et place Clemenceau.
Y a-t-il des nocturnes pour « Girls. Adolescence, Mode, Rébellion » au Grand Palais ?
Oui, chaque vendredi jusqu’à 22h. Pendant les fêtes, l’exposition ferme à 18h les 24 et 31 décembre, reste fermée le 25 décembre et ouvre exceptionnellement le 1er janvier.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 10h - 19h30
- Nocturne le vendredi : jusqu’à 22h
- 24 et 31 décembre : fermeture à 18h
- 25 décembre : fermé
- 1er janvier : ouverture exceptionnelle
- Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture
