Violence silencieuse au Musée du quai Branly
Violence silencieuse
Sous le regard de Roméo Mivekannin

Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Pass annuel coupe‑file
Accès illimité · valable 1 an
L’EXPOSITION
Des images coloniales reprises par la peinture« Violence silencieuse. Sous le regard de Roméo Mivekannin » est une exposition présentée dans la galerie Marc Ladreit de Lacharrière du musée du quai Branly – Jacques Chirac, à Paris, du 10 novembre 2026 au 4 avril 2027. L’artiste y associe quatre sculptures métalliques inspirées de bâtiments de musées parisiens à un ensemble de peintures de grand format réalisées d’après des photographies d’archives.
Au cœur du projet, les exhibitions coloniales des XIXe et XXe siècles deviennent le point de départ d’une réflexion sur les personnes photographiées, les institutions qui conservent ces images et la place de celui qui les regarde.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
QUATRE VOLIÈRES : LES MUSÉES MIS EN QUESTION
Les musées représentés comme des espaces closQuatre constructions en métal prennent la forme de volières fermées. L’une figure le musée du quai Branly – Jacques Chirac lui-même ; les autres représentent le musée de la Porte Dorée, l’aile ouest du palais de Chaillot et le musée d’ethnographie du Trocadéro. Roméo Mivekannin les a conçues en collaboration avec des forgerons ivoiriens, qui les ont réalisées à Abidjan. Le choix de ces bâtiments déplace la réflexion : l’exposition ne s’intéresse pas uniquement aux personnes autrefois placées sous le regard d’autrui, mais également aux lieux qui ont organisé, conservé ou transmis des représentations. Les structures closes donnent une forme matérielle à l’idée d’enfermement que l’artiste souhaite examiner.
Roméo Mivekannin, Reproduction du musée du quai Branly – Jacques Chirac, sculpture métallique en fer © Issam Zejly - Supreme communication. Courtesy de l’artiste et Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, Dakar, Paris)
La présence du musée du quai Branly parmi les édifices représentés est particulièrement significative. L’institution qui accueille l’exposition devient elle-même un élément de l’interrogation artistique. Les quatre volières ne forment pas une histoire exhaustive des musées parisiens ; elles proposent plutôt de regarder autrement des architectures associées à la présentation des cultures et à la constitution de collections. Leur fabrication à Abidjan inscrit également le travail de forgerons ivoiriens dans un projet centré sur des institutions françaises. Il ne s’agit pas d’une reconstitution des exhibitions du passé : c’est la façon dont un lieu peut encadrer le regard sur des objets et des personnes qui devient le sujet de ces sculptures.
Recevez en avant-première l'actualité sur les nouvelles expositions
PHOTOGRAPHIES COLONIALES : DES ARCHIVES RÉINTERPRÉTÉES
Des documents d’archives soumis à un autre regardLes grandes peintures prennent pour point de départ des photographies conservées au musée du quai Branly – Jacques Chirac. Certaines s’inspirent d’exhibitions organisées au Jardin d’Acclimatation, au Champ-de-Mars ou aux Folies Bergère ; une autre reprend une présentation en panoplie liée au Trocadéro. Derrière ces références à des lieux parisiens se trouve une histoire de spectacles et de présentations ethnographiques où des personnes venues d’autres régions du monde étaient montrées comme des curiosités. Le projet porte donc moins sur la découverte de vues anciennes de Paris que sur la manière dont ces photographies ont été fabriquées et sur ce qu’elles donnent encore à voir.
Roméo Mivekannin est connu pour sa peinture à l’acrylique sur des draps travaillés avec des bains teintés, notamment un élixir de boue. Le tissu, marqué par ce traitement, occupe une place importante dans sa pratique, à côté des figures empruntées aux images historiques. L’artiste insère aussi son autoportrait dans certaines compositions reprises de sources européennes. Cette pratique éclaire son intérêt pour des images réalisées depuis un point de vue qu’il cherche à interroger. Elle introduit une présence contemporaine dans des représentations anciennes et modifie la relation entre leurs personnages et celui qui les observe. Plutôt que de considérer la photographie comme un document transparent, la peinture invite à prêter attention au cadrage, à la mise en scène et au pouvoir de représenter autrui.
Roméo Mivekannin, Gouma, femme Yoruba, 2026 © Grégory Copitet. Courtesy de l’artiste et Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, Dakar, Paris)
Focus sur l’œuvre
Gouma, femme Yoruba (2026) appartient aux grandes toiles conçues d’après des photographies des collections du musée. Roméo Mivekannin y remplace le visage de la figure photographiée par son propre autoportrait. Cette substitution introduit le peintre dans une image produite depuis un autre point de vue. La reprise picturale invite à examiner non seulement le sujet montré, mais aussi la construction de la photographie et le pouvoir exercé par le regard.
LE REGARD EN RETOUR : IMAGES D’ORIGINE ET REFLETS
L’archive face à celle ou celui qui regardeLe musée prévoit également de montrer des photographies originales issues de ses collections. Leur présentation doit recourir à un dispositif jouant sur la transparence et les reflets, à la manière d’un verre sans tain. L’enjeu annoncé n’est pas seulement de comparer une photographie historique avec sa réinterprétation peinte. Il consiste aussi à rappeler que regarder une image est un acte situé : la personne qui observe n’est pas extérieure à l’histoire de sa circulation et de son exposition. Ce choix donne une fonction particulière aux archives, qui ne servent plus simplement de modèles aux peintures, mais deviennent l’objet même de la réflexion.
Le commissariat est assuré par Gaëlle Beaujean, responsable de collections Afrique au musée, avec Christine Barthe, responsable des collections photographiques, comme conseillère scientifique. Cette rencontre entre création contemporaine et recherche sur les images s’inscrit dans le travail antérieur de Mivekannin. En 2021, pour l’exposition « Zoo humain. Au temps des exhibitions coloniales » à l’AfricaMuseum de Tervuren, il avait présenté Hommage aux 7, une peinture élaborée à partir d’une photographie de 1930. Ce précédent éclaire sa méthode sans être confondu avec les œuvres annoncées à Paris : reprendre une image historique, c’est aussi questionner les conditions dans lesquelles elle a été produite et regardée.
Roméo Mivekannin © Elliot Verdier
POURQUOI VOIR « VIOLENCE SILENCIEUSE » ?
L’intérêt de « Violence silencieuse » réside dans la manière dont Roméo Mivekannin rapproche trois sujets rarement indissociables dans une exposition : les lieux où l’on montre, les photographies que l’on conserve et les personnes dont l’image a été captée. Les quatre volières permettent de saisir immédiatement la place accordée aux institutions dans cette réflexion. Les peintures, quant à elles, proposent de reprendre les archives sans les laisser dicter seules le récit.
Roméo Mivekannin, Sakpati, 2022, céramique © Grégory Copitet. Courtesy de l’artiste et Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, Dakar, Paris)
Point de vue critique
La céramique Sakpati (2022) introduit, à la fin du parcours, une autre matérialité que le métal des volières et les draps peints. Dédiée au vodun Sakpata, divinité populaire au Bénin, elle inscrit un référent spirituel dans ce travail sur la mémoire. La pratique du modelage prend ici le relais des images d’archives : une manière de rappeler que les références de Mivekannin ne se limitent pas aux représentations produites en Europe.
Le projet intéressera particulièrement les lecteurs attirés par l’art contemporain qui dialogue avec l’histoire, mais aussi ceux qui s’interrogent sur l’usage actuel des images coloniales. Il ne s’agit pas d’une exposition générale sur les « zoos humains » : c’est le travail d’un artiste qui sert de fil conducteur. La présentation annoncée des photographies d’origine donne enfin un point d’appui concret pour réfléchir à la différence entre conserver une image, la montrer et la réinterpréter.
Commissariat et scénographie
- Commissaire
- Gaëlle Beaujean (responsable de collections Afrique, musée du quai Branly – Jacques Chirac)
- Conseillère scientifique
- Christine Barthe (responsable de l’unité patrimoniale des collections photographiques, musée du quai Branly – Jacques Chirac)
- Scénographie
- Julia Dessirier
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
Partagez votre visite sur Instagram
Immortalisez votre expérience et inspirez votre communauté en partageant vos plus belles photos
QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu l’exposition « Violence silencieuse » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ?
L’exposition est annoncée du 10 novembre 2026 au 4 avril 2027, dans la galerie Marc Ladreit de Lacharrière, au cœur des collections permanentes.
Où réserver un billet pour l’exposition « Violence silencieuse » ?
Le billet proposé par Tiqets inclut l’accès à la collection permanente et à l’exposition temporaire. Tarif relevé pour le 12 novembre 2026 à 11h : 14,00 €, sans frais de réservation.
Combien de temps dure la visite de « Violence silencieuse » ?
Aucune durée de visite spécifique n’est annoncée pour cette exposition dans les informations consultées.
Comment se rendre au musée du quai Branly pour « Violence silencieuse » ?
Le musée se trouve au 37, quai Jacques-Chirac, 75007 Paris. Vous pouvez emprunter le métro 9 jusqu’à Iéna ou Alma-Marceau, ou le RER C jusqu’à Champ de Mars – Tour Eiffel.
L’exposition « Violence silencieuse » est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Oui, les espaces de visite du musée sont accessibles. L’accès conseillé aux personnes à mobilité réduite se situe au 222 rue de l’Université, 75007 Paris.
Y a-t-il des nocturnes pour l’exposition « Violence silencieuse » ?
Oui, le musée est ouvert jusqu’à 22h chaque jeudi. Les autres jours d’ouverture, la fermeture habituelle est fixée à 19h.
INFORMATIONSPRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30 - 19h
- Jeudi : 10h30 - 22h (nocturne)
- Lundi : fermé, sauf ouvertures exceptionnelles pendant les vacances scolaires de Noël et d’hiver
- 24 et 31 décembre 2026 : fermeture anticipée à 18h
- 25 décembre 2026 : musée fermé
- Premier dimanche de chaque mois : entrée gratuite pour tous aux collections permanentes et expositions temporaires
