Calder. Rêver en équilibre à la Fondation Louis Vuitton
Calder.
L'ingénieur qui fit danser le métal dans les voiles de Gehry

Fondation Louis Vuitton
L'EXPOSITION
« Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton réunit près de 300 œuvres d'Alexander Calder, du 15 avril au 16 août 2026. L'une des plus vastes rétrospectives consacrées au sculpteur américain, elle occupe la totalité du bâtiment de Frank Gehry (1929–2025) et investit pour la première fois la pelouse attenante – plus de 3 000 m² au total.
Mobiles, stabiles, portraits en fil de fer, peintures et bijoux retracent un demi-siècle de création. Cette exposition célèbre le centenaire de l'arrivée de l'artiste en France et les cinquante ans de sa disparition.Calder : Le sculpteur du mouvement © Art en lignes
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DE L'INGÉNIERIE MÉCANIQUE AU CIRQUE DE MONTPARNASSE
Du génie mécanique aux figures de fil de ferSuzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, signe le commissariat général aux côtés de Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer, commissaires invités. Alexander Calder (1898–1976) n'arrive pas à l'art par le chemin le plus court. Fils d'un sculpteur et d'une peintre, petit-fils du sculpteur Alexander Milne Calder, il choisit d'étudier le génie mécanique au Stevens Institute of Technology, dont il sort diplômé en 1919.
Alexander Calder (1898–1976), Atztec Josephine Baker, 1930, fil de fer, 134,6 x 25,4 x 22,9 cm. Calder Foundation, New York © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Vers 25 ans, il renoue avec l'héritage familial, entre à l'Art Students League de New York, puis s'installe à Paris en 1926. À Montparnasse, il façonne des figures en fil de fer, épurées et expressives, qui retiennent aussitôt l'attention de la critique.
Le Cirque Calder naît dans ces années-là. Acrobates, clowns et cavaliers miniatures en fil de fer, bois, liège et tissu prennent vie sous les mains de l'artiste – à la fois maître de cérémonie, chef de piste et marionnettiste.
« Calder. Rêver en équilibre » fait revenir le Cirque à Paris grâce à un prêt exceptionnel du Whitney Museum of American Art – une première depuis quinze ans dans la ville où l'œuvre-spectacle a été créée.
Fernand Léger, Le Corbusier, Jean Arp, Joan Miró, Piet Mondrian comptent parmi les spectateurs réguliers de ces représentations. En 1925, Calder avait couvert le cirque Ringling Bros en tant qu'illustrateur pour la National Police Gazette : la piste ne l'a jamais quitté.
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MONDRIAN, DUCHAMP, SARTRE : L'INVENTION DES MOBILES
De l'atelier de Mondrian aux baptêmes de Duchamp et ArpEn 1930, Calder pousse la porte de l'atelier de Piet Mondrian. Les aplats de couleur et l'agencement spatial du lieu le marquent profondément : il passe d'abord à la peinture abstraite, puis transpose ces principes dans la sculpture. Marcel Duchamp baptise « mobiles » les constructions abstraites et cinétiques exposées en 1932 à la Galerie Vignon.
clichés de Cartier-Bresson, Kertész, Parks, Man Ray, Penn et Varda
D'abord actionnés par un mécanisme, ces assemblages s'animent bientôt au gré des courants d'air. Jean-Paul Sartre écrit en 1946 qu'ils empruntent « leur vie à la vie vague de l'atmosphère ». Jean Arp riposte par le terme de « stabiles » pour qualifier les pièces fixes.
Alexander Calder (1898–1976), Black Widow, 1948, feuille de métal, fil de fer et peinture, 325,1 x 251,5 cm. Instituto de Arquitetos do Brasil – Departamento de São Paulo. On deposit from the Artist, 1948 © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York. Photograph by Tim Nighswander / IMAGING4ART
Focus sur l'œuvre
Black Widow est l'un des plus grands et des plus complexes mobiles réalisés par Alexander Calder. Cette sculpture suspendue monumentale de plus de trois mètres déploie une cascade de formes organiques en tôle noire, percées de trous, dont la taille décroît progressivement vers le sol. L'œuvre trace une ligne dans l'espace. Offerte en 1948 à l'Instituto de Arquitetos do Brasil à São Paulo, elle demeura accrochée dans le hall du bâtiment pendant des décennies. Véritable pièce architecturale, la sculpture dialogue avec l'espace environnant et en devient partie intégrante. Activée par le moindre courant d'air, Black Widow incarne la vision caldérienne de la sculpture comme performance : ses éléments tournent dans un mouvement lent et majestueux, projetant des ombres changeantes qui forment une seconde œuvre en perpétuelle transformation.
« Calder. Rêver en équilibre » place ces inventions en regard d'œuvres de contemporains – Arp, Barbara Hepworth, Jean Hélion, Mondrian, Paul Klee, Pablo Picasso – pour mesurer la radicalité de Calder au sein des avant-gardes. Trente-cinq photographies signées Henri Cartier-Bresson, André Kertész, Gordon Parks, Man Ray, Irving Penn et Agnès Varda saisissent l'artiste entre atelier et performance. Des focus thématiques mettent en valeur des ensembles clefs : la série des Constellations, née pendant la guerre quand la pénurie de métal pousse Calder vers le bois et le fil de fer, et les bijoux, conçus comme de véritables sculptures portables.
DES ATELIERS TRANSATLANTIQUES AUX VOILES DE VERRE
Du Pavillon républicain aux ateliers de SachéReparti aux États-Unis en 1933, Calder effectue plusieurs allers-retours avec l'Europe. En 1937, il contribue au Pavillon de la République espagnole aux côtés de Miró et Picasso. Il revient en France après la guerre et s'établit en 1953 dans un atelier à Saché, dans la vallée de la Loire – où l'une de ses sculptures trône encore sur la place du village.
Un pied de chaque côté de l'Atlantique, Calder déploie son vocabulaire formel à toutes les échelles : de fins assemblages métalliques qui réagissent au moindre souffle jusqu'à des stabiles de plusieurs tonnes ancrés dans l'espace public.
Alexander Calder (1898–1976), Lily of Force, 1945, feuille de métal, fil, tige et peinture, 270 x 250 x 160 cm. Fondation Louis Vuitton, Paris © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Primae / Louis Bourjac
DU PORTRAIT EN FIL DE FER AU STABILE MONUMENTAL
Quand les courbes de Gehry prolongent le jeu d'équilibresL'accrochage à la Fondation Louis Vuitton tire parti de cette amplitude. Sur la pelouse, des pièces monumentales dialoguent avec les voiles de verre du bâtiment. À l'intérieur, les mobiles se déploient dans les volumes aériens conçus par Gehry, dont les courbes et les plans inclinés prolongent le jeu d'équilibres de Calder.
hauteur du stabile monumental La Grande vitesse à Grand Rapids
Un billet à la Fondation Louis Vuitton donne aussi accès aux peintures, dessins, figures sculptées en bois et portraits en fil de fer – dont Atztec Josephine Baker (1930), silhouette de fil de fer de 134,6 cm qui capture la danseuse en quelques boucles. À l'autre extrémité de l'échelle, Black Widow (1948), mobile de plus de trois mètres prêté par l'Instituto de Arquitetos do Brasil.
Alexander Calder (1898–1976), La Grande vitesse (1:5 intermediate maquette), 1969, feuille de métal, tige, fil de fer, bois et peinture, 259,1 x 342,9 x 236,2 cm. Calder Foundation, New York © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Focus sur l'œuvre
Cette maquette à l'échelle 1:5 est l'étude intermédiaire pour le stabile monumental La Grande vitesse, installé en 1969 sur la place civique de Grand Rapids, Michigan. Première œuvre d'art public entièrement financée par le National Endowment for the Arts aux États-Unis, elle affirme la dimension architecturale de l'art de Calder. Le titre, jeu de mots en français sur le nom de la ville, fut choisi par l'artiste lui-même. La version monumentale, haute de treize mètres, fut fabriquée à la fonderie Biémont à Tours, en France. La maquette présentée à la Fondation Louis Vuitton, conservée par la Calder Foundation, témoigne du processus de création et du passage à l'échelle architecturale dans les années 1960–1970.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "CALDER. RÊVER EN ÉQUILIBRE" ?
Trois cents œuvres déployées sur plus de 3 000 m², du portrait en fil de fer au stabile monumental : la densité du parcours rend palpable un demi-siècle de recherches. La double commémoration – centenaire de l'arrivée de Calder en France, cinquante ans de sa disparition – a motivé des prêts exceptionnels, à commencer par le Cirque Calder du Whitney Museum.
Alexander Calder (1898–1976), Bougainvillier, 1947, feuille de métal, fil de fer, tige, plomb et peinture, 198,1 x 208,3 x 137,3 cm. Shirley Family Calder Collection, Promised Gift to the Seattle Art Museum © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Point de vue critique
Le parcours chronologique a le mérite de restituer la logique d'un inventeur : chaque salle enrichit la précédente, du fil de fer nu de Montparnasse aux stabiles de plusieurs tonnes ancrés dans l'espace urbain. Le dialogue entre les courbes de Gehry et l'équilibre caldérien offre une expérience spatiale rare, où le bâtiment devient partenaire de l'œuvre. On mesure ici combien Calder fut d'abord un ingénieur – diplômé en génie mécanique – avant de devenir le sculpteur qui introduisit le mouvement et le temps dans l'art du XXe siècle.
Le parcours s'organise en séquences chronologiques ponctuées de focus sur les Constellations et les bijoux. La pelouse attenante, investie pour la première fois, accueille les stabiles qui se mesurent aux voiles de Gehry en plein air. Parmi les pièces majeures, Lily of Force (1945), mobile de tôle et de fil de 270 cm appartenant à la collection de la Fondation.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
L'exposition se tient du 15 avril au 16 août 2026 à la Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris. La Fondation est ouverte tous les jours sauf le mardi. Horaires : lundi, mercredi et jeudi de 11h - 20h, vendredi de 11h - 21h, samedi et dimanche de 10h - 20h. Pendant les vacances scolaires (zone C), ouverture tous les jours de 10h - 20h (jusqu'à 21h le vendredi).
Où réserver ses billets pour « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Les billets pour l'exposition « Calder. Rêver en équilibre » sont disponibles en ligne sur Tiqets (billet Premium à 22 €, sans frais additionnels) et sur la Fnac (plein tarif à 19,20 € + 0,99 € de frais de service). Le billet Premium Famille est proposé à 46 € sur Tiqets et le billet Famille à 37,70 € sur la Fnac. La réservation en ligne est recommandée pour garantir l'accès, en particulier le week-end et pendant les vacances scolaires.
Combien de temps dure la visite de « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Comptez environ 2h à 2h30 pour parcourir l'ensemble de la rétrospective. Le parcours couvre plus de 3 000 m² et présente près de 300 œuvres réparties dans toutes les galeries de la Fondation ainsi que sur la pelouse extérieure. Prévoyez du temps supplémentaire pour profiter de l'architecture de Frank Gehry et de la terrasse panoramique.
Comment se rendre à la Fondation Louis Vuitton pour « Calder. Rêver en équilibre » ?
La Fondation Louis Vuitton se situe au 8 avenue du Mahatma Gandhi, dans le Bois de Boulogne (75116 Paris). En métro, empruntez la ligne 1, station Les Sablons (sortie Fondation Louis Vuitton), puis environ 10 minutes de marche. Une navette électrique relie la place Charles-de-Gaulle – Étoile (sortie n°2, 44 avenue de Friedland) à la Fondation toutes les 20 minutes (2 € l'aller-retour). En bus, la ligne 244 dessert l'arrêt « Fondation Louis Vuitton » le week-end et les jours fériés. Une station Vélib' se trouve à proximité immédiate de l'entrée.
Y a-t-il des nocturnes pour « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Oui, la Fondation Louis Vuitton propose des nocturnes le vendredi avec une fermeture à 21h. Le premier vendredi de chaque mois, une nocturne exceptionnelle prolonge l'ouverture jusqu'à 23h. Ces créneaux en soirée offrent une atmosphère privilégiée pour admirer les mobiles de Calder dans une lumière différente.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Hors vacances scolaires
- Lundi, mercredi et jeudi : 11h - 20h
- Vendredi : 11h - 21h
- Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu'à 23h
- Samedi et dimanche : 10h - 20h
- Fermeture le mardi
- Vacances scolaires (zone C)
- Tous les jours : 10h - 20h (jusqu'à 21h le vendredi)
