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Patrimoines en résistance à la Cité de l’architecture et du patrimoine

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Présentation
Architecture

Patrimoines en résistance

De Tombouctou à Odessa

Exposition Patrimoines en résistance - Cité de l'architecture et du patrimoine

Cité de l'architecture et du patrimoine

L'EXPOSITION

Du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027, la Cité de l'architecture et du patrimoine accueille « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa ». L'exposition rend compte d'une bascule du XXIᵉ siècle : le patrimoine architectural et urbain figure en tête des cibles dans les conflits armés, à travers trois séquences – effacer, résister, réparer.

De Bâmiyân à Gaza, de Palmyre à Mossoul, le parcours mêle cartes, photographies, films et répliques numériques signées Iconem pour rendre compte de cette mutation contemporaine du conflit armé.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

EFFACER : LE PATRIMOINE COMME CIBLE

Du Mali à Bâmiyân, la mémoire prise pour cible

À l'été 2012, les pioches d'Ansar Dine abattent les mausolées de Tombouctou. Reconnus au patrimoine mondial de l'UNESCO dès 1988, ces tombeaux maliens deviennent l'objet d'un précédent juridique majeur : le 27 septembre 2016, la Cour pénale internationale condamne Ahmad Al Faqi Al Mahdi à neuf ans de prison pour avoir dirigé les attaques contre neuf mausolées et la porte de la mosquée Sidi Yahia. C'est la première affaire de la CPI portant sur la destruction de biens culturels. « Patrimoines en résistance » s'ouvre sur ce basculement : la guerre cesse de détruire le patrimoine par dommage collatéral pour en faire une cible désignée.

Guerchom Ndebo - Parc national des Virunga, RDC

Guerchom Ndebo, Parc national des Virunga, RDC, décembre 2020 © Guerchom Ndebo pour la Fondation Carmignac

L'exposition est portée par deux architectes – Élisabeth Essaïan et Yves Ubelmann, fondateur d'Iconem – et une politologue, Mathilde Leloup. La séquence inaugurale déploie la carte des effacements : dynamitage des bouddhas de Bâmiyân, frappes sur les temples de Palmyre, bombardements à Gaza, abandon des sites arméniens aux confins du Haut-Karabakh, pillage des biens culturels. Cartes signées par l'atelier cartographique de Sciences Po, photographies, vidéos et restitutions 3D d'Iconem composent ce panorama. À côté des notions d'urbicide, ruricide ou écocide, une photographie signée Guerchom Ndebo dans le parc national des Virunga rappelle que la nature relève aussi du patrimoine.

200+

sites patrimoniaux menacés numérisés par Iconem dans une trentaine de pays

RÉSISTER : PROTÉGER, DOCUMENTER, TRANSMETTRE

Une chaîne de gestes, de l'UNESCO au mur relevé à la main

Aux grandes institutions internationales – UNESCO, ALIPH, Fondation Aga Khan – répondent des collectifs locaux. La deuxième séquence cartographie cet écosystème de la protection patrimoniale, depuis la diplomatie multilatérale jusqu'aux ONG, associations et architectes qui interviennent au plus près des terrains. Inventaire des dommages, mise à l'abri d'archives, formation d'artisans locaux, documentation par satellite : la résistance prend la forme d'une chaîne de gestes méthodiques. Iconem y joue un rôle de pivot, capturant parfois en quelques heures des sites devenus inaccessibles.

Relever un mur, photographier une fresque ou transmettre une recette participe d'un même refus de l'effacement.

La résistance est aussi quotidienne. Sur les terrains de conflit, ces gestes minuscules tiennent autant de place que la diplomatie multilatérale. Le parcours met sur le même plan le travail des satellites et le récit oral d'un habitant. À côté des sites monumentaux, le patrimoine immatériel – savoir-faire, langues, rituels, mémoire orale – gagne le statut de bien à protéger. C'est l'un des partis pris du commissariat : élargir le périmètre de ce qui mérite d'être sauvé, en sortant des seules catégories monumentales.

Iconem - Numérisation de la vieille ville de Mossoul

Iconem, Numérisation de la vieille ville de Mossoul, Irak, 2018 © Iconem, UNESCO

Focus sur l'œuvre

Réalisée à la demande de l'UNESCO peu après la libération de Mossoul du joug de l'État islamique, cette numérisation photogrammétrique restitue l'état de la vieille ville détruite en 2017, dont le minaret penché Al-Hadba et la mosquée al-Nouri. La start-up française Iconem, fondée par l'architecte Yves Ubelmann, a documenté plus de 200 sites patrimoniaux menacés dans une trentaine de pays. À Mossoul, l'imagerie 3D fournit une vision très précise du tissu urbain en quelques jours, devenant un outil de planification pour la reconstruction conduite par l'UNESCO dans le cadre de l'initiative « Faire revivre l'esprit de Mossoul » lancée en 2018.

RÉPARER : REFAIRE SOCIÉTÉ APRÈS LES RUINES

Refaire bâtir, refaire mémoire, refaire société

Au XXIᵉ siècle, la réparation engage les bâtiments mais aussi les corps et les mémoires. La troisième séquence remplace le mot « reconstruction » par celui, plus large, de « réparation post-conflit » : un travail qui intervient souvent avant la fin des combats et concerne aussi bien la ville que les esprits, à commencer par ceux des femmes ayant subi des violences sexuelles. Refaire société dépasse la remise debout d'un édifice : il faut reconstruire les liens, les espaces du quotidien et les rythmes du temps, en plaçant le travail de mémoire au cœur du processus.

🏛️

Le patrimoine redevient une matière partagée, un horizon plutôt qu'un inventaire.

Odessa, dont le centre historique a été inscrit au patrimoine mondial le 25 janvier 2023, simultanément sur la Liste en péril par procédure d'urgence, sert de point de bascule. Un film d'Iconem en restitue l'intérieur de la cathédrale après restauration, témoignage d'un travail entamé en pleine guerre. La transmission devient l'autre versant de la réparation : la formation des futurs concepteurs passe par des chantiers-écoles ouverts aux habitants, à Tombouctou comme à Mossoul, où la mosquée al-Nouri – détruite en 2017 – fait l'objet d'une restitution 3D coproduite par l'UNESCO et Iconem.

Iconem / Pascal Convert - Falaise et grand Bouddha de Bâmiyân

Iconem / Pascal Convert, Falaise et superposition d'archive de la statue du grand Bouddha (Dipankara), Bâmiyân, Afghanistan © Iconem / Pascal Convert

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "PATRIMOINES EN RÉSISTANCE" ?

Le parcours est placé sous le patronage de la Commission nationale française pour l'UNESCO, en partenariat avec GrandPalaisRmn (Réunion des musées nationaux). Les répliques numériques d'Iconem donnent à voir Mossoul, Palmyre, Bâmiyân, Alep ou la cathédrale d'Odessa restaurée : des sites en grande partie inaccessibles, restitués avec une qualité documentaire rare.

Iconem / UNESCO - Vue intérieure de la cathédrale d'Odessa après sa restauration

Iconem / UNESCO, Vue intérieure de la cathédrale d'Odessa après sa restauration, Ukraine, 2026, extrait d'un film Iconem © Unesco / Iconem

Point de vue critique

On pouvait craindre l'exposition compassionnelle ou l'accumulation de ruines. La Cité de l'architecture et du patrimoine a opté pour une enquête en trois temps – effacer, résister, réparer – adossée au travail méthodique d'Iconem et à un commissariat venu de l'architecture et de la science politique. Reste à voir si les répliques numériques tiendront leur promesse documentaire sans glisser vers le spectacle. Le sujet, lui, ne souffre aucun retard : il s'écrit en direct à Gaza, à Odessa, à Bâmiyân.

Un programme de tables rondes, conférences et projections accompagne l'exposition jusqu'en décembre 2026, avec notamment Salma Samar Damluji, Iryna Matsevko et le festival ManiFeste de l'Ircam. La Cité de l'architecture et du patrimoine signale que l'exposition traite de zones de conflit et présente des œuvres susceptibles de choquer les personnes sensibles et le jeune public. Le billet à la Cité de l'architecture et du patrimoine donne aussi accès à l'ensemble du musée. Du dynamitage des bouddhas de Bâmiyân à la cathédrale d'Odessa restaurée : un siècle où le patrimoine est devenu une ligne de front.

Camille, Rédactrice culture

L'avis de Camille

Rédactrice culture

Trois temps – effacer, résister, réparer – pour une enquête patrimoniale qui refuse l'esthétisation des ruines. Les répliques numériques d'Iconem donnent à voir Mossoul, Bâmiyân ou la cathédrale d'Odessa restaurée avec une précision documentaire rare. Un sujet qui s'écrit en direct à Gaza et qui ne souffre aucun retard.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » à la Cité de l'architecture et du patrimoine ?

L'exposition se tient du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027. La Cité est ouverte tous les jours sauf le mardi, de 11h - 19h, avec une nocturne le jeudi jusqu'à 21h. Fermetures exceptionnelles les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre.

Où réserver ses billets pour « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » à la Cité de l'architecture et du patrimoine ?

Le tarif adulte est de 13 € sur Tiqets, sans frais additionnels. L'entrée est gratuite pour les visiteurs de moins de 18 ans, sans billet. Un tarif réduit est proposé sur place pour les étudiants de l'Union européenne de moins de 26 ans. Le billet donne aussi accès à l'ensemble du musée et à ses collections permanentes.

Combien de temps dure la visite de « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » à la Cité de l'architecture et du patrimoine ?

Le billet d'entrée donne accès à l'exposition « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » ainsi qu'à l'ensemble des collections permanentes (galerie des moulages, galerie d'architecture moderne et contemporaine, galerie des peintures murales et vitraux). La fermeture de la billetterie a lieu à 18h20, et 20h20 le jeudi. Une fermeture progressive des salles débute à partir de 18h40 (20h40 le jeudi).

Comment se rendre à la Cité de l'architecture et du patrimoine pour « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » ?

La Cité de l'architecture et du patrimoine se situe au 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, dans le 16ᵉ arrondissement, au sein du palais de Chaillot. Métro : ligne 9 (stations Iéna ou Trocadéro) et ligne 6 (station Trocadéro). Bus : lignes 22, 30, 32, 63 (arrêt Trocadéro) et ligne 82 (arrêt Iéna). Vélib' : station n°16014. Batobus : arrêt Tour Eiffel.

La Cité de l'architecture et du patrimoine est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » ?

L'entrée Trocadéro dispose d'une rampe provisoire d'accès pour les personnes à mobilité réduite. Des fauteuils roulants manuels et des sièges pliants sont mis à disposition gratuitement, sur présentation d'un justificatif d'identité. Une boucle à induction magnétique est disponible sur demande lors des visites guidées et de groupe. À noter qu'à ce jour, certains ascenseurs sont temporairement hors service ; il est recommandé de contacter le musée avant la visite.

Y a-t-il des nocturnes pour « Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessa » à la Cité de l'architecture et du patrimoine ?

Oui. La Cité propose une nocturne chaque jeudi jusqu'à 21h. La fermeture de la billetterie a lieu à 20h20, avec une fermeture progressive des salles à partir de 20h40. Une bonne option pour visiter l'exposition après le travail dans une ambiance plus calme.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Cité de l'architecture et du patrimoine 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris
Horaires
  • Ouvert tous les jours de 11h - 19h, sauf le mardi
  • Nocturne le jeudi jusqu'à 21h
  • Fermeture de la billetterie à 18h20 (20h20 le jeudi)
  • Fermeture progressive des salles à partir de 18h40 (20h40 le jeudi)
  • Fermetures exceptionnelles : 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 25 décembre
  • Fermeture anticipée à 17h les 24 et 31 décembre
Tarifs
Tiqets
Adulte (+ de 18 ans) : 13 €
Moins de 18 ans : Gratuit, sans billet
Étudiants UE − de 26 ans : Tarif réduit sur place
Informations
Le billet donne accès à l'ensemble du musée et aux collections permanentes
Vestiaire et consignes gratuits à l'entrée Trocadéro
Audioguide « Trésors d'architecture » disponible
Conditions
Dernière entrée 40 min avant fermeture
Pièce d'identité requise pour les tarifs gratuits ou réduits
Exposition susceptible de choquer les personnes sensibles et le jeune public (zones de conflit)
Valises et sacs de grande contenance interdits (plan vigipirate)
Accès
🚇 Métro
Ligne 9 – stations « Iéna » ou « Trocadéro »
Ligne 6 – station « Trocadéro »
🚌 Bus
Lignes 22, 30, 32, 63 – arrêt « Trocadéro »
Ligne 82 – arrêt « Iéna »
🚲 Vélib'
Station n°16014 à proximité immédiate
Parking à vélos avenue Paul Doumer, avenue Georges Mandel et avenue Kléber
⛴️ Batobus
Arrêt Tour Eiffel, port de la Bourdonnais (75007)

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