Vive la mariée ! à l’Institut du monde arabe
Vive la mariée !
Costumes, bijoux et regards d’artistes sur le mariage maghrébin

Institut du monde arabe
L’EXPOSITION
« Vive la mariée ! » est une exposition présentée à l’Institut du monde arabe, à Paris, du 29 septembre 2026 au 28 février 2027, consacrée à la noce en Algérie, au Maroc et en Tunisie, autour d’une quarantaine de costumes et de parures des XIXe et XXe siècles.
L’un des mots arabes qui désignent la noce, farah, veut aussi dire « joie ». Réunis en une sélection jamais montrée en France, ces costumes et ces parures répondent aux œuvres de vingt-sept artistes d’aujourd’hui.PARURES : une quarantaine de pièces venues d’Algérie, du Maroc et de Tunisie
Costumes, coiffes et bijoux de six paysÀ l’Institut du monde arabe, le cœur du projet est patrimonial. Au centre, une figure : la mariée et ses atours de cérémonie, dans une fête qui peut durer plusieurs jours. Au Maghreb, c’est aussi le moment où la communauté se rassemble. Les costumes et les parures rassemblés datent du XIXe et du XXe siècle et proviennent de collections marocaines, algériennes et tunisiennes. Parmi les prêteurs annoncés figurent des musées, des galeries, une maison d’édition, des artistes et des collectionneurs privés. Les objets viennent au total de six pays : Algérie, Maroc et Tunisie, mais aussi France, Belgique et États-Unis. Ces pièces relèvent, selon le projet, de savoir-faire d’exception transmis d’une génération à l’autre.
Mariée de Rabat en coiffe de cérémonie « Touqida ». Sixième jour de noces « youm el-hzam », Rabat, 19e – 20e siècle, caftan de velours violet orné de galons d’or, ceinture en brocart de Fès « hzam », bandeaux frontaux « ’assaba », foulard en soie « sebnya », perles, or © La Fondation Nationale des Musées / Oudayas, Musée National de la Parure, Rabat
Ce que ces pièces racontent dépasse le vêtement. Les broderies, les bijoux protecteurs et les coiffes changent d’une ville et d’une région à l’autre, et certains usages sont communs aux familles musulmanes et juives. L’évolution du costume, la permanence des rituels et la valeur symbolique prêtée aux ornements comptent parmi les sujets annoncés. Le projet résume l’ensemble d’une formule : « l’art de se marier au Maghreb ». Le rôle des femmes traverse tout le propos : constitution du trousseau, confection des pièces, accompagnement de la mariée. Parmi les ensembles annoncés figure une coiffe de cérémonie appelée touqida, accompagnée de sa tenue de mariée, Rabat, XIXe-XXe siècle. L’ensemble est conservé par la Fondation nationale des Musées, au musée national de la parure, aux Oudayas.
Le rôle des femmes traverse tout le propos : constitution du trousseau, confection des pièces, accompagnement de la mariée.
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VINGT-SEPT ARTISTES : la noce racontée par la création d’aujourd’hui
Peintures, photographies, installations et vidéos en miroirL’autre versant du projet est contemporain. Vingt-sept artistes, en majorité des femmes, nés en Tunisie, en Algérie, au Maroc ou dans leurs diasporas, portent un regard personnel sur le mariage et en suivent les étapes codifiées. Certains s’attachent à la joie collective et à ce qui se transmet dans les familles, quitte à interroger ce qui survit de ces traditions. D’autres regardent ce que ces rituels révèlent des sociétés où ils se pratiquent : attentes, rôles conjugaux, inégalités, tensions. Le projet annonce même un regard sur les idéologies que véhiculent certaines pratiques. Peintures, photographies, installations et vidéos portent ces points de vue, placés en miroir des pièces anciennes. L’objectif affiché est de mesurer ce qui persiste et ce qui a changé.
artistes contemporains invités, principalement des femmes, originaires de Tunisie, d’Algérie, du Maroc et de leurs diasporas
Un exemple montre comment les deux ensembles se répondent. La sélection retient Une histoire d’amours, réalisé en 2022 par Héla Ammar, née à Tunis en 1969, où elle vit et travaille. Le fil rouge y remplace le fil d’or des parures, et c’est dans un texte de loi que la broderie vient se glisser. Un pluriel au titre : « amours », et non « amour ».
Héla Ammar, Une histoire d’amours, 2022, journal officiel, enveloppes en calque, broderie © Héla Ammar
Focus sur l’œuvre
Héla Ammar glisse des enveloppes de papier calque entre les pages d’un vieux petit livre et brode sur chacune, au fil rouge, le mot « amour » en arabe. Vingt-quatre fois, jamais le même mot : invariable en arabe, « amour » se décline au pluriel en vingt-quatre termes qui en disent les nuances. Le livre, lui, est le journal officiel de 1956–1957, celui où sont consignés notamment les droits des femmes et l’interdiction du mariage polygame. L’œuvre appartient à Love Letters, série de 2022 bâtie sur les archives familiales de l’artiste. Docteure en droit et universitaire, elle enseignait le droit lorsqu’elle est revenue à la création, dans les années 2000. Le musée de l’Institut du monde arabe conserve déjà de ses photographies.
SCÉNOGRAPHIE : 650 m² pour les objets, les musiques et les rites d’aujourd’hui
650 m², un parcours conçu pour voyager« Vive la mariée ! » occupe une surface annoncée d’environ 650 m². Le commissariat – le choix des œuvres et du parcours – est signé par Elodie Bouffard et Nawel Dehina. L’installation des pièces dans l’espace revient au cabinet Klapisch scénographes, pour une scénographie annoncée comme immersive. Objets patrimoniaux, créations récentes, archives, sons et vidéos s’y croisent : il s’agit de donner aussi leur place aux danses, aux musiques et aux mets de la fête. Conçue pour voyager, l’exposition est proposée à d’autres lieux après Paris. Un programme de rencontres et de médiation est annoncé en parallèle.
Djamel Farès, Mariage à El-Madania, Alger (Algérie), 1980, tirage moderne © Djamel Farès
La dernière partie du parcours quitte les collections pour le présent : elle suit le déplacement des rites et leurs réinventions, notamment chez les familles installées en France. L’exposition relève de la Saison Méditerranée 2026, mise en œuvre par l’Institut français. Cette saison fédère plus de 200 événements dans plus de 60 villes françaises, mais aussi au Maghreb, en Égypte et au Liban. Le ton avait été donné avant l’ouverture, hors les murs. Le cortège « Raconte-moi ton mariage », conçu par l’artiste Mohamed Bourouissa, a relié Gennevilliers, le parvis de l’Institut du monde arabe et la nef du Grand Palais le 4 juillet 2026. Nourrie de témoignages recueillis auprès de personnes issues de l’immigration maghrébine, la parade mêlait voitures et motos décorées, fanfare et cérémonie du henné. La journée était ouverte à tous.
L’Institut du monde arabe a accueilli 730 839 visiteurs en 2025, dont 322 942 entrées aux expositions.
POURQUOI VOIR « VIVE LA MARIÉE ! » À L’INSTITUT DU MONDE ARABE ?
Vous y verrez une sélection de costumes et de parures de mariée jamais montrée en France : robes, coiffes et bijoux venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Le parcours aide à comprendre les étapes de la fête et le travail des femmes qui préparent le trousseau, cousent les pièces et accompagnent la mariée. Les vingt-sept artistes invités déplacent ensuite le regard, avec des photographies, des installations et des vidéos qui abordent aussi les attentes et les tensions du mariage.
Valérie Belin, Sans titre (Série Mariées marocaines), 2000, tirage gélatino-argentique © Valérie Belin, Adagp, Paris, 2026. Courtesy of the artist and Galerie Nathalie Obadia Paris/Brussel
Point de vue critique
Noir et blanc très contrasté, cadrage serré, presque pas de gris : Valérie Belin photographie la mariée comme elle photographiait les objets. La tenue d’apparat couvre le corps au point de le faire disparaître, la parure devient sculpture, et la figure bascule du côté de l’idole et du motif. Avant cette série, l’artiste avait photographié des robes de mariée vides, enveloppes qu’elle rapprochait de la chrysalide. Ici l’enveloppe est habitée, et c’est le corps qui s’efface.
L’ensemble est dense et les broderies se regardent de près : prévoyez une visite sans hâte. Dans le même bâtiment, l’Institut du monde arabe conserve aussi une collection ethnographique de 338 pièces où figurent parures, bijoux et vêtements traditionnels. La coiffe de Rabat et les vidéos d’aujourd’hui posent la même question, celle de « Vive la mariée ! » : ce que les familles gardent, et ce qu’elles changent.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Vive la mariée ! » à l’Institut du monde arabe ?
L’exposition se tient du 29 septembre 2026 au 28 février 2027. L’Institut du monde arabe ouvre du mardi au dimanche, jours fériés compris sauf le 1er mai, avec fermeture hebdomadaire le lundi : de 10h à 18h du mardi au vendredi, de 10h à 19h les samedis, dimanches et jours fériés. Les caisses ferment 45 minutes avant.
Où réserver ses billets pour « Vive la mariée ! » à l’Institut du monde arabe ?
Les billets sont vendus par Fnac, au plein tarif de 14 €, hors frais de transaction éventuels. Les 12–17 ans et les 18–26 ans bénéficient d’un tarif à 8 €, les adhérents Fnac d’un tarif à 13 €. Pour préparer votre visite, réservez votre billet à l’Institut du monde arabe en ligne.
Combien de temps dure la visite de « Vive la mariée ! » à l’Institut du monde arabe ?
Aucune durée de visite n’est communiquée par l’Institut du monde arabe. Le parcours se déploie sur une surface annoncée d’environ 650 m² et réunit une quarantaine de costumes et parures ainsi que les œuvres de vingt-sept artistes contemporains, avec archives, sons et vidéos. Dernier repère utile : les caisses ferment 45 minutes avant l’heure de fermeture.
Comment se rendre à l’Institut du monde arabe pour « Vive la mariée ! » ?
L’Institut du monde arabe se situe 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris. En métro, descendez à Jussieu, Cardinal-Lemoine ou Sully-Morland. En bus, les lignes 63, 67, 86, 87 et 89 desservent le quartier. Le parking de l’Institut est ouvert 24h/24, avec accès par le 1 rue des Fossés-Saint-Bernard ; des stationnements PMR sont disponibles sur l’esplanade.
L’Institut du monde arabe est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Vive la mariée ! » ?
L’Institut du monde arabe annonce un accès handicapés facilité et des stationnements PMR sur l’esplanade. L’entrée est gratuite pour la personne handicapée et son accompagnateur, sur présentation d’un justificatif en cours de validité et retrait d’une contremarque à l’accueil ou à la billetterie. Un service dédié à l’accessibilité répond au 01 40 51 34 86 et à accessibilite@imarabe.org.
Y a-t-il des nocturnes pour « Vive la mariée ! » à l’Institut du monde arabe ?
Aucune nocturne n’est annoncée à ce jour pour cette exposition. L’Institut du monde arabe programme régulièrement des nocturnes pour ses grandes expositions et à l’occasion des célébrations nationales, comme la Nuit blanche ou la Nuit européenne des musées ; les dates paraissent sur les pages dédiées du site officiel.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au vendredi : 10h - 18h
- Samedis, dimanches et jours fériés : 10h - 19h
- Fermeture hebdomadaire le lundi
- Fermé le 1er mai
- Fermeture des caisses 45 minutes avant
