Calder à la Fondation Louis Vuitton
Calder.
Rêver en équilibre

Fondation Louis Vuitton
L'EXPOSITION
« Calder. Rêver en équilibre » est la rétrospective que la Fondation Louis Vuitton consacre à l'Américain Alexander Calder (1898–1976), du 15 avril au 16 août 2026, un siècle après son installation à Paris. Près de trois cents œuvres occupent l'ensemble du bâtiment de Frank Gehry.
Le parcours déborde, pour la première fois, sur la pelouse attenante. Du petit cirque de fil de fer que l'artiste animait lui-même à ses immenses sculptures d'acier, l'exposition suit un demi-siècle d'une œuvre vouée au mouvement.Exposition « Calder. Rêver en équilibre » | Teaser © Fondation Louis Vuitton
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LE ROI DU FIL DE FER : UN CIRQUE MINIATURE À MONTPARNASSE
Du cirque animé de la rue Daguerre aux portraits en fil de ferQuand Calder débarque à Paris en 1926, il vient d'une famille d'artistes : une mère peintre, un père et un grand-père sculpteurs. « Je n'ai pas été élevé, j'ai été encadré », plaisantait-il. Dans son atelier de la rue Daguerre, il fabrique un cirque miniature – acrobates, clowns et animaux en fil de fer, en liège et en ficelle – qu'il anime lui-même devant un public, sur la musique d'un gramophone tenu par son épouse Louisa. Ce spectacle d'une vingtaine de numéros, où le sort de chaque acrobate se joue en direct, fascine l'avant-garde de Montparnasse ; on y voit aujourd'hui l'une des toutes premières performances artistiques, où l'échec d'un numéro comptait autant que sa réussite.
Alexander Calder (1898–1976), Atztec Josephine Baker, 1930, fil de fer, 134,6 x 25,4 x 22,9 cm. Calder Foundation, New York © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Au même moment, Calder dessine des portraits entièrement en fil de fer – la danseuse Joséphine Baker, le peintre Fernand Léger –, des silhouettes sans matière qu'il appelle ses « dessins dans l'espace » et qui lui valent le surnom de « roi du fil de fer ». La sculpture, d'ordinaire massive, devient chez lui une ligne lancée dans le vide. Le Corbusier, Marcel Duchamp et Piet Mondrian comptent parmi les spectateurs de son cirque, dans un Paris où se croise alors l'avant-garde du monde entier. Prêté par le Whitney Museum of American Art, qui le conserve à New York, le Cirque Calder revient à Paris, où il était né, pour la première fois depuis quinze ans.
figures miniatures en fil de fer, bois, liège et tissu composent le Cirque Calder
LE CHOC MONDRIAN : L'INVENTION DES MOBILES
De l'atelier de Mondrian aux baptêmes de Duchamp et ArpEn octobre 1930, la visite de l'atelier de Piet Mondrian bouleverse Calder et le convertit à l'abstraction – des formes qui ne représentent plus rien de reconnaissable. Il commence par peindre, puis revient vite à la sculpture. En 1931, Marcel Duchamp baptise « mobiles » ses compositions cinétiques : des assemblages suspendus qui, d'abord mus par un moteur, finissent par s'animer au moindre courant d'air. En réponse, Jean Arp nomme « stabiles » celles de ses sculptures restées immobiles. Le mouvement, et le hasard qui le gouverne, deviennent le cœur de son travail : un mobile ne reprend pas deux fois la même forme. De ces objets, le philosophe Jean-Paul Sartre écrira en 1946 qu'« ils empruntent leur vie à la vie vague de l'atmosphère ».
Alexander Calder (1898–1976), Black Widow, 1948, feuille de métal, fil de fer et peinture, 325,1 x 251,5 cm. Instituto de Arquitetos do Brasil – Departamento de São Paulo. On deposit from the Artist, 1948 © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York. Photograph by Tim Nighswander / IMAGING4ART
Focus sur l'œuvre
Black Widow est l'un des plus grands et des plus complexes mobiles réalisés par Alexander Calder. Cette sculpture suspendue monumentale de plus de trois mètres déploie une cascade de formes organiques en tôle noire, percées de trous, dont la taille décroît progressivement vers le sol. L'œuvre trace une ligne dans l'espace. Offerte en 1948 à l'Instituto de Arquitetos do Brasil à São Paulo, elle demeura accrochée dans le hall du bâtiment pendant des décennies. Véritable pièce architecturale, la sculpture dialogue avec l'espace environnant et en devient partie intégrante. Activée par le moindre courant d'air, Black Widow incarne la vision caldérienne de la sculpture comme performance : ses éléments tournent dans un mouvement lent et majestueux, projetant des ombres changeantes qui forment une seconde œuvre en perpétuelle transformation.
Calder décline ensuite ce vocabulaire à toutes les échelles et laisse les forces naturelles agir : il invente des formes inspirées du vivant, qu'il baptise le plus souvent après les avoir créées, et glisse dans ses pièces du verre, de la céramique et des objets de rebut. En 1933, la montée du nazisme le pousse à regagner les États-Unis avec son épouse Louisa. Il revient pourtant à Paris en 1937 : présentée ici en maquette, sa fontaine de mercure pour le Pavillon de la République espagnole avait alors fait face au Guernica de Picasso, en pleine guerre civile. L'exposition réunit aussi, autour de lui, des œuvres de ses amis et contemporains – Miró, Léger, Mondrian, Arp.
Alexander Calder (1898–1976), Lily of Force, 1945, feuille de métal, fil, tige et peinture, 270 x 250 x 160 cm. Fondation Louis Vuitton, Paris © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Primae / Louis Bourjac
STABILES SUR LA PELOUSE : LE MONUMENTAL ET UN DOUBLE HOMMAGE
Des grandes plaques d'acier de Tours aux stabiles posés dans le jardinAprès la guerre, Calder partage sa vie entre Roxbury, dans le Connecticut, et Saché, en Touraine, où il installe un atelier en 1953 ; la France restera sa seconde patrie jusqu'à sa mort, en 1976. Dans les années 1960 et 1970, il consacre l'essentiel de son travail à des sculptures monumentales destinées à l'espace public, dont les grandes plaques d'acier boulonnées sortent d'une forge de Tours. C'est l'âge des stabiles – ces grandes sculptures fixes, ancrées au sol – et des mobiles de très grand format, déclinés désormais à l'échelle d'une place.
Alexander Calder (1898–1976), La Grande vitesse (1:5 intermediate maquette), 1969, feuille de métal, tige, fil de fer, bois et peinture, 259,1 x 342,9 x 236,2 cm. Calder Foundation, New York © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Focus sur l'œuvre
Cette maquette à l'échelle 1:5 est l'étude intermédiaire pour le stabile monumental La Grande vitesse, installé en 1969 sur la place civique de Grand Rapids, Michigan. Première œuvre d'art public entièrement financée par le National Endowment for the Arts aux États-Unis, elle affirme la dimension architecturale de l'art de Calder. Le titre, jeu de mots en français sur le nom de la ville, fut choisi par l'artiste lui-même. La version monumentale, haute de treize mètres, fut fabriquée à la fonderie Biémont à Tours, en France. La maquette présentée à la Fondation Louis Vuitton, conservée par la Calder Foundation, témoigne du processus de création et du passage à l'échelle architecturale dans les années 1960–1970.
Le parcours s'achève sur ce versant monumental et sort à l'air libre : pour la première fois, la Fondation installe des œuvres sur sa pelouse, où deux stabiles, Black Flag (1974) et Five Swords (1976), répondent à l'architecture de verre et d'acier de Frank Gehry. Réunie par Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation, avec les commissaires invités Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer et le commissaire associé Olivier Michelon, l'exposition a confié sa mise en espace à Jean-François Bodin et Hélène Roncerel ; le placement de chaque mobile revient à Alexander S. C. Rower, petit-fils de l'artiste. Elle rend du même coup hommage à deux disparus : Calder, et Gehry, l'architecte du bâtiment, mort en décembre 2025.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "CALDER. RÊVER EN ÉQUILIBRE" ?
Cent ans après l'arrivée à Paris d'un jeune Américain qui y bâtit un cirque de fil de fer tenant dans cinq valises, la Fondation Louis Vuitton lui consacre la totalité de ses espaces. On y suit toute sa trajectoire : le Cirque Calder, de retour à Paris pour la première fois depuis quinze ans grâce au prêt du Whitney Museum ; ses mobiles ; et, dehors, deux stabiles posés pour la première fois sur la pelouse de Frank Gehry. Entre les deux, ses bijoux, ses Constellations et des portraits signés Man Ray, Cartier-Bresson ou Agnès Varda.
Alexander Calder (1898–1976), Bougainvillier, 1947, feuille de métal, fil de fer, tige, plomb et peinture, 198,1 x 208,3 x 137,3 cm. Shirley Family Calder Collection, Promised Gift to the Seattle Art Museum © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York
Point de vue critique
Le parti pris, ici, est de confier à Calder l'intégralité du bâtiment de Gehry et de pousser le parcours dehors, sur une pelouse jusque-là tenue à l'écart des œuvres. En s'ouvrant sur le Cirque Calder, et non sur ses mobiles, l'exposition rappelle que tout, chez lui, est d'abord parti d'un spectacle. La disparition de l'architecte en décembre 2025 en fait un double hommage.
Le parcours est dense – près de trois cents œuvres sur plus de trois mille mètres carrés – mais l'art de Calder se saisit d'emblée et se visite bien en famille. « Calder. Rêver en équilibre » s'inscrit dans une « année Calder » qui se prolonge à l'automne en région Centre-Val de Loire.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Où réserver ses billets pour « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Combien de temps dure la visite de « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
Comment se rendre à la Fondation Louis Vuitton pour « Calder. Rêver en équilibre » ?
Y a-t-il des nocturnes pour « Calder. Rêver en équilibre » à la Fondation Louis Vuitton ?
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Hors vacances scolaires
- Lundi, mercredi et jeudi : 11h - 20h
- Vendredi : 11h - 21h
- Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu'à 23h
- Samedi et dimanche : 10h - 20h
- Fermeture le mardi
- Vacances scolaires (zone C)
- Tous les jours : 10h - 20h (jusqu'à 21h le vendredi)
